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Il se marie le 12 juillet 1944 avec Renée Vaudin surnommée Frifri.
Après la guerre, il revient à Fécamp. Enlumineur sur parchemin pour un couvent, il reprend du service comme chauffeur de car. Il doit assurer la vie matérielle d'une famille qui ne tarde pas à s'agrandir. Quatre enfants voient le jour de cette union : Christian, Régis, Patrice et Marie-Catherine.

Jef entouré de ses parents et de ses soeurs aînées
Emile Jean Friboulet, surnommé plus tard Jef, voit le jour le 11 novembre 1919 à Fécamp. Fils de Albert Friboulet, pêcheur à Terre Neuve et de Eugénie Monnier, factrice et de santé fragile, il se retrouve presque trois ans à l'orphelinat des marins avec ses sœurs pendant que leur mère est hospitalisée. C'est à l'époque où Emile a entre 5 et 7 ans que la vie est la plus difficile. Il entre malgré tout à l'école communale, où très vite, s'affirme son goût pour le dessin.Il obtient son certificat d'études le 16 juin 1931 et entre dans la vie active. Il exerce différents métiers : garçon d'épicerie, employé du port, commis à l'enregistrement, employé dans un garage et employé d'une entreprise de transport mais sans oublier sa passion du dessin.
En mars 1939, il s'engage dans l'armée afin de devenir pilote. Le destin en a décidé autrement. En 1940, il s'embarque pour Afrique avec le Groupe Bourgogne. Comme les entraînements sont rares, il reprend le dessin et la peinture. Les forces françaises rejoignent les Américains. C'est là qu'il reçoit son surnom. Pour ton bagage, il a une malle à ses initiales EJF, les Américains le baptisent JEF. Un surnom qui va devenir un grand nom. A Bamako, il rencontre deux artistes, Horcholl, peintre officiel de la marine et Harris. Sa hiérarchie prend conscience de son talent, il est nommé photographe et peintre des armées. Il couvre de fresques les chambrées et le mess. Il exposera pour la première fois en 1942 à Bamako.
La guerre, toujours, lui fait connaître le Wurtemberg et du même coup, le Herr Professor Albert Schwarz, peintre des rois et des reines. Jef tira beaucoup d'enseignement de ces rencontres.
Jef en 1939
Lors de son service militaire à Bamako
Le jour de son mariage
Ses enfants

Ce métier lui laisse une partie de la journée, dont il profite pour parcourir à vélo les valeuses avec sa boîte, parfois en compagnie de René de Saint-Delis, ami intime d'Othon Friesz. Il taille sa route comme un vrai fils de marin jusqu'à ce prix du Peintre en 1954 avec la toile "le Jardinier" et une première exposition parisienne. La presse régionale a soutenu et encouragé Jef, à partir de 1954, la presse nationale prit le relais. Il arriva ce qu'il devait arriver: le succès de cette première exposition, l'accueil de la critique, les propositions de plusieurs galeries décidèrent Jef à sauter le pas. Il quitte son métier de chauffeur de car et se lance dans la grande aventure pour devenir, comme disait Gauguin, un peintre qui peint tous les jours, au lieu d'être un peintre du dimanche de première classe. En 1955, il ouvre un grand atelier à Fécamp. L'Atelier, c'est un monde. Un endroit ouvert à tous, l'Atelier devient un lieu de rencontre et d'accueil. Jef n'hésite pas à ouvrir ses tiroirs, ses cartons, prête ses toiles et ses tubes de couleurs, guidant une main ou soufflant un conseil. Et même si l'argent est rare, la table est toujours ouverte chez les Friboulet.

L'Atelier à Fécamp
Après la disparition de son fils Règis, en 1964, la plus grande douleur de sa vie, la peinture de Jef devient plus mystique. Il travaille beaucoup et expose à l'étranger. Il effectue un retour à ses racines chrétiennes lors d'un voyage en Israël. Il peint un "Chemin de Croix" qu'il offre à l'Eglise d'Yport et monte deux expositions sur la Bible.

Avec toujours sa grande générosité, Jef crée une fondation dans son atelier pour former des centaines de peintres. Après de nombreuses années passées à Fécamp, à la fin des années 70, il se retire à Yport où il continue à peindre jusu'au bout de ses forces.

Jef nous a quitté le 13 mai 2003. Il a rejoint l'âme des marins voguant au gré des vagues.

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